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Articles 2019 - Edito
Mercredi, 12 Juin 2019 00:00
 

Edito: Le papier demeure

Aude Pidoux_interieurQue faire d’un magazine papier en 2019? C’est à se demander si ça se lit encore. Dans le train que je prends le matin, les dizaines d’yeux qui peuplent le wagon sont concentrés sur l’écran qui d’un téléphone, qui d’un ordinateur portable.

Quand je prenais ce même train il y a sept ans pour me rendre dans les bureaux de l’Echo Magazine, beaucoup de passagers tenaient en main un journal, gratuit ou payant. Les 20 Minutes encombraient les banquettes, on entendait des froissements de papier et même quelques conversations. Désormais, dans ce convoi de cols blancs qui file vers Genève, il n’y a plus ni bruit ni commentaires. On n’ose même pas, comme à l’époque des journaux imprimés, loucher vers les téléphones de ses voisins pour voir ce qu’ils regardent.
Le monde change. Moi aussi, désormais, je lis les journaux sur mon téléphone. Mais souvent, au sortir du wagon, je remarque que je n’en retiens pas grand-chose; je suis régulièrement bien en peine de me rappeler ce que j’ai lu. Les écrits électroniques me distraient, mais ne me nourrissent pas. C’est comme aller au McDonald’s: j’ai faim tout de suite après.
Pourtant, tous ces gens qui consultent le monde sur leur téléphone sont, chacun à leur manière, en quête de découvertes, d’informations, de rencontres et de réponses à leurs questionnements. Peut-être trouvent-ils ce qu’ils cherchent, du moins momentanément. Mais il me semble que l’impact de ce qu’ils lisent est moindre. Plusieurs recherches ont montré que la mémoire profite de la mise à contribution des différents sens. Lire sur un écran est une expérience purement visuelle. Lire sur du papier, en revanche, fait appel à la vue, mais aussi au toucher, voire à l’odorat. C’est une expérience complète qui imprègne plus en profondeur. Ce faisant, elle nous inscrit aussi dans la vie réelle.


Les écrits électroniques me distraient, mais ne me nourrissent pas.


Pouvoir écrire et coordonner un magazine papier en 2019 n’a donc rien de ringard. C’est une belle responsabilité parce que ce qu’on y publie marque plus longtemps l’esprit des lecteurs que ce qu’ils peuvent lire sur leur écran. Si le virtuel s’envole et le papier demeure, il importe de proposer un contenu de haute qualité qui offre suffisamment de matière pour imaginer, réfléchir, réagir et créer.

C’est la mission que je vais m’atteler à poursuivre à la tête de l’Echo Magazine, en encourageant un journalisme de terrain et de rencontres qui va en profondeur et qui reflète, contrairement aux moteurs de recherche sur internet qui ne nous proposent que ce qu’on aime, l’étonnante diversité du monde. Je vous souhaite de bonnes et marquantes lectures.

Mise à jour le Mercredi, 12 Juin 2019 13:37
 

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