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top news photography Une végane genevoise s'attaque au lait suisse

Des vaches enfermées, des veaux arrachés à leur mère, des paysans poussés au suicide: voilà le portrait à charge de l’industrie laitière dressé par une militante genevoise. La jeune femme refuse de manger de la viande ou des produits issus des animaux comme le lait, les œufs et le miel, et de porter du cuir ou de la laine. Et par-dessus tout elle doit renoncer au chocolat. Mais le projet végane peut-il se réaliser sans exterminer les animaux? Pour en savoir plus...
Articles 2018 - Edito
Mercredi, 17 Janvier 2018 00:00
 

Edito: saignant, le steak

patrice7

Voilà que les véganes s’en prennent au lait suisse! Pour ces mangeurs d’herbe, le lait des vaches devrait être réservé aux seuls veaux, comme prévu par Mère nature. Tout le reste – élevage, production laitière et steak tartare – ne serait que meurtre, viol et esclavage de ces pauvres bêtes.
On croit à un gag, mais non, c’est écrit en toutes lettres (voir en page 10). D’autres vont plus loin: puisqu’il ne faut pas tuer les animaux et que ceux-ci ont une tendance naturelle à se reproduire, pratiquons la stérilisation à large échelle. Cela se fait déjà pour les chiens, les chats et des milliers de femmes indiennes trop prolifiques... Il faudrait castrer tout ce qui court à deux ou à quatre pattes sur la terre? Du délire.
Mais on aurait tort de sous-estimer ce mouvement. Nous avons tous des amis végétariens, demi-véganes ou experts en saloperies qu’on fourgue dans nos assiettes: le saumon aux antibiotiques, le poulet aux hormones, le porc qui se traîne misérablement dans des écuries surpeuplées. Ils ont raison de crier leur dégoût. Le mouvement végane et végétarien répond aux aberrations de l’industrie agro-alimentaire qui fait de l’animal un «produit» découpé et emballé avant même qu’il soit né.


La bataille contre la malbouffe et le business alimentaire est perdue d’avance.


Etant d’une autre génération, je me souviens des deux vaches de mon grand-père et du fumier odoriférant dans sa brouette, des œufs que j’allais chercher dans le nid des poules, du cochon éventré devant le Buffet de la Gare sous nos yeux horrifiés et intéressés. La viande ne poussait pas dans des barquettes au supermarché. Elle faisait partie de nos vies avant de finir – assez rarement – dans nos assiettes.
Epoque révolue. On pourrait au moins corriger les excès actuels, manger moins de viande, agrandir la surface des écuries, y mettre de l’herbe fraîche? Bien sûr, bien sûr. Mais la bureaucratie tatillonne a ses limites et elle n’empêche pas les scandales à répétition. La bataille contre la malbouffe et le business alimentaire est perdue d’avance si rien ne change dans les têtes. Les choix, finalement, sont politiques.
Mais je ne deviendrai pas végane. Parce que je crois à une autre relation avec les animaux, faite de dépendance réciproque et donc de respect: avant de tuer la vache ou la chèvre, autrefois, on avait le souci de la faire vivre et bien vivre pour que la famille puis-se s’en nourrir. A leur façon, ces animaux disaient que le but de la vie n’est pas de la conserver, mais de la donner.
Il y avait une dignité dans la vie et la mort parce que ces choses avaient un sens. C’est ce que nous devons retrouver. Mon steak, je le prends saignant et je dis merci.

 

Patrice Favre au Forum de la RTS à propos de la crèche à l'école

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