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top news photography Le musée Charlie Chaplin à Corsier sur Vevey

L’entrée est discrète: à proximité du portail, une pancarte avec le mythique visage à la petite moustache annonce le Chaplin’s World (monde de Chaplin).Le nouveau musée de Corsier-sur-Vevey plonge les visiteurs dans la vie et l’œuvre du célèbre interprète de Charlot grâce à une scénographie mélangeant documents d’époque, vidéos, décors reconstitués et statues de cire. Pour en savoir plus...
Articles 2017 - Edito
Mercredi, 19 Juillet 2017 00:00
 

Edito: L'église Facebook

patrice5

Ça y est, «Mark Zuckerberg se prend pour Dieu»: le fondateur de Facebook n’a-t-il pas déclaré, fin juin, que son réseau comptait 2 milliards d’utilisateurs et qu’il pouvait prendre la place des Eglises? «Facebook pourrait combler le vide laissé dans la vie des gens par le déclin des Eglises», a-t-il lancé aux responsables des groupes (les communities en anglais) qui fédèrent des millions d’utilisateurs selon leurs intérêts.
De ce discours, les grands médias n’ont retenu que le chiffre: deux milliards d’«amis» qui partagent des photos, des «j’aime», des commentaires et de petites vidéos, cela fait beaucoup de monde, en effet. Par contre, le monde religieux anglo-saxon a réagi avec une vive émotion. «Une Eglise, c’est plus qu’un réseau social. C’est le lieu de la transcendance, du silence, de la paix, de la dévotion, de la richesse et de la profondeur. Zuckerberg a beau voir grand, jamais il ne pourra viser aussi haut», a ainsi protesté un éditorialiste du Guardian.
Je suis évidemment d’accord. N’empêche que les églises se vident. C’est pourquoi le chroniqueur du Religious news service estime qu’il faut prendre la provocation de Facebook au sérieux. «Les gens veulent une Eglise qui ne ressemble pas vraiment à une église. Ils cherchent un endroit où ils n’ont pas besoin de mettre leurs habits du dimanche, où ils peuvent poser des questions et où les gens savent qui ils sont vraiment».


 L’araignée sent les mouvements de la toile dans laquelle s’est pris le moucheron.


 C’est bien ainsi que Zuckerberg motive sa vision d’avenir: «J’ai compris combien l’appartenance à une communauté est importante. Nous cherchons tous quelqu’un en qui nous pouvons avoir confiance». Et on sait qu’il perçoit les besoins de notre époque comme l’araignée sent les mouvements de la toile dans laquelle s’est pris le moucheron. Mais est-ce vraiment pour son bien?
J’ai le souvenir de ce que me disait en 2010 l’abbé d’Hauterive, le Père Mauro Lepori, au moment où il partait pour Rome (il est maintenant l’abbé général des cisterciens): «Dans l’Eglise comme dans la société, il y a trop de solitude, trop d’individualisme. Chacun veut faire sa vie seul, mais n’y arrive pas. Dès que les gens perçoivent une humanité, une fraternité, ils accrochent. Le défi des Eglises en Occident est là: proposer des lieux de vie, de communion, où il n’y a pas d’abord une doctrine, une règle de vie, mais une expérience. Le reste viendra après».
Nous voulons décider seuls, mais ne pas être seuls. Cruel dilemme. Comment y répondons-nous? Si nous n’allons pas sur Facebook, quelles sont nos fraternités, nos communities, et qu’y trouvons-nous? Joli devoir de vacances, je trouve.

 

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