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Articles 2017 - Edito
Jeudi, 24 Août 2017 00:00
 

Edito: le combat du néant

thibaut

Samedi 26 août, dans la T-Mobile Arena de Las Vegas, s’affronteront le boxeur Floyd Mayweather Jr et Conor McGregor, le pratiquant le plus en vue des arts martiaux mixtes (MMA). Des champions, certes, mais surtout deux hommes très intéressés qui se vautrent dans la fange de l’argent en osant monter sur le ring pour un énième «combat du siècle» qui n’en sera pas un.
De quel siècle parlons-nous? En tout cas pas du 20e qui, en matière de noble art, connut de véritables luttes de titans. Les livres d’histoire se souviennent de Jack Dempsey perdant son dernier combat face à Gene Tunney en 1927, du Noir américain Joe Louis terrassant en 2 minutes 4 secondes l’Allemand Max Schmeling l’année de l’Anschluss ou de Mohamed Ali face à George Foreman dans la chaudière du Kinshasa de Mobutu. Des souvenirs glorieux de légendes de la boxe, des poids lourds de la mémoire de l’humanité – pas des clowns tristes du sport-spectacle.
Bien qu’enterré, Mohamed Ali tient d’ailleurs un rôle piteux dans la bouffonnerie planétaire du week-end. En 1976, il fit match nul contre le catcheur japonais Antonio Inoki. Aujourd’hui, on considère ce cirque publicitaire à grand succès comme le précurseur des événements de chiffonniers du MMA. Cela nous ramène à McGregor vs Mayweather.


La honte peut-elle au moins mettre KO?


 On ne dira pas grand-chose du premier, un Irlandais fanfaron qui ne fera même pas rire s’il voit le tapis de près. Le second est un Américain doué, surentraîné par son père et ses oncles, mais qui gère trop fructueusement sa carrière pour être pris au sérieux et, ce qui est déshonorant, ne respecte pas la boxe en acceptant cette rencontre. Il y a deux ans, son «combat du siècle» face au Philippin Manny Pacquiao a surtout été la pantalonnade la plus lucrative de l’histoire: 500 millions de dollars. Les projections du 26 août donnent encore plus le vertige: 664 millions de billets verts, selon Ring Magazine, la bible du genre.
Les tables de la loi du noble art seront salies par cette farce grotesque. C’est fatal. Et ce n’est hélas pas nouveau: la boxe est le premier sport à avoir été pris en otage par les managers véreux, les mafieux, le capitalisme ivre de soi. Depuis, la contamination a gagné les autres domaines sportifs. Mais samedi, on basculera dans un nouvel univers. Ce ne sera plus de la boxe. Ce ne sera même pas du MMA, qui hypnotise désormais les foules. Ce sera le grand n’importe quoi.
Ne soyons pas étonnés. L’événement est à la démesure d’un 21e siècle caractérisé par l’absence de limites si ce n’est celles de l’indécence. La liberté, qui veut tout et rien dire, se conjugue en permanence avec la transgression établie, de la vie qui n’a plus rien de privé à l’économie dérégulée. On dit que le ridicule ne tue pas. Mais la honte? Peut-elle au moins mettre KO?

 

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