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top news photography Syrie: la vie renaît à Alep

Début novembre, l’Echo Magazine rendait visite à frère Ibrahim, le franciscain qui s’efforce de donner un toit et du travail aux derniers chrétiens d’Alep, la ville martyre de la guerre en Syrie. Au milieu des ruines, la vie reprend. Mais l’aide est plus nécessaire que jamais. Pour en savoir plus...
Articles 2017 - Edito
Mercredi, 08 Novembre 2017 00:00
 

Edito: rien sans dialogue

thibaut

Des années durant, l’Europe d’EasyJet a accouru à Barcelone. Profitant de la vie culturelle et nocturne, achetant un maillot blaugrana made in China de l’équipe de foot de Gérard Piqué et Pep Guardiola, elle a aimé flatter le sentiment national local. Aujourd’hui, cette même Europe de Schengen estime que les indépendantistes catalans vont trop loin: le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ne serait pas à leur portée.

Etrange comme le nationalisme est à géométrie variable... Certaines aspirations sécessionistes sont respectables, d’autres non. Des partis indépendantistes sont perçus comme des modèles de vertu tandis que leurs rivaux seraient un ramassis de canailles. La vérité dans tout cela? Il n’y en a pas. La politique est une histoire de rapports de force, de tempo aussi, plutôt que de principes immaculés.
En crise existentielle, l’Union européenne et ses élites sont sur la défensive, raison pour laquelle elles cessent de caresser dans le sens du poil les régions tentées d’affirmer leur identité, réelle (la Catalogne) ou présomptive (l’escroquerie padane en Italie du Nord). Dure leçon pour les borgnes qui crachent sur le patriotisme d’ici en ayant les yeux de Chimène pour le nationalisme de là-bas: celui-ci a un prix. En rien innocent, facilement pathétique, il a aussi vite le goût du sang. Oublie-t-on que tout a des limites?


Un régime de libertés ne rime pas forcément avec une culture démocratique.


Ce qui attriste encore, dans l’affaire catalane, c’est le refrain platement pro-européen sur l’irréprochable démocratie espagnole. Il sonne étrangement creux. Voilà qui est très gênant pour Madrid comme pour Bruxelles. Il induit enfin un constat désolant: un régime de libertés ne rime pas forcément avec une culture démocratique. A quoi bon des élections régionales pour dénouer une crise structurelle? Un bricolage fédéral, du moins un aggiornamento des institutions espagnoles, serait pourtant un début de solution. Encore faudrait-il des politiciens bien intentionnés. Un roi au-dessus des passions, ce qui n’est pas le cas du désappointant Felipe. Enfin, une structure adaptée à cette situation de crise.

Hasard du calendrier: le 10 novembre, l’Assemblée interjurassienne sera dissoute à Moutier, épicentre de toutes les chamailleries des deux Juras. Qui eut raison ou tort dans la Question jurassienne? Peu importe au fond. L’essentiel, c’est qu’aucun des deux camps n’ait eu le dessus vengeur sur l’autre. Parvenir à un équilibre, certes difficile, probablement frustrant pour les deux parties, mais avant tout viable pour tous, a permis d’empêcher le pourrissement. Cela n’aurait pas été possible sans l’esprit de médiation fédéral et démocratique de l’Assemblée interjurassienne. Hélas, on peut craindre que l’histoire récente du Jura suisse soit inconnue au-delà des Pyrénées.

 

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