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top news photography Jean-Pierre Denis, directeur du journal "La Vie"

L’Eglise va mal. Raison de plus pour que les chrétiens osent dire en quoi ils croient, affirme le journaliste français Jean-Pierre Denis, directeur de La Vie, dans son dernier livre, Un catholique s’est échappé. Sur la coque de son téléphone portable, on lit Jesus loves you. Associer ce message à Jean-Pierre Denis, qui a tout de l’intellectuel parisien avec sa barbe courte et ses lunettes rondes, a quelque chose de comique. «C’est une coque qui m’a été offerte, se justifie-t-il. L’autre jour, dans le métro, ça m’a donné l’occasion de parler avec une jeune femme noire chanteuse de gospel. C’est une porte ouverte à la conversation», affirme le rédacteur en chef de l’hebdomadaire catholique La Vie. Tout à fait dans la ligne de son dernier livre, Un catholique s’est échappé*, dans lequel il plaide pour un christianisme sans rouge au front. Pour en savoir plus...
Articles 2018 - Edito
Mercredi, 04 Avril 2018 00:00
 

Edito: ne jamais baisser les bras

patrice8Ecrit avant Pâques – l’imprimerie devant recevoir ce numéro très tôt –, cet éditorial ne pouvait échapper à la lourde ambiance de la semaine écoulée: la mort du gendarme Arnaud Beltrame et des autres victimes du terroriste français; la vieille dame tuée à Paris uniquement parce qu’elle était juive; la mort des collégiens de Floride et le soulèvement de leurs camarades contre le lobby des armes aux Etats-Unis.
J’en garde l’image bouleversante d’Emma Gonzalez, une rescapée de la fusillade, visage fermé et crâne rasé, se taisant pendant plus de quatre minutes devant les micros. Le temps qu’a mis le tueur pour abattre ses amis collégiens.
 «C’est un des plus longs ‘blancs’ de toute l’histoire des directs à la télévision», écrit Jean-Pierre Denis dans un remarquable édito de La Vie. Il parle d’un «silence vertigineusement habité, traversé de vagues et de larmes». Il l’associe aux lourds silences de Marielle Beltrame, la femme d’Arnaud, qu’il a eue au téléphone après l’attentat. Oui, la mort fait taire des voix qui étaient faites pour chanter, rire et aimer.
En y repensant, je sens monter la rage: les anarchistes de la Belle Epoque osaient s’attaquer aux grands de ce monde, aux princes et aux présidents! Il leur arrivait aussi de poignarder une pauvre impératrice sur les quais de Genève, mais quand même: tirer sur les clients d’un supermarché ou tuer une grand-mère, quelle dérision!


Il leur arrivait aussi de poignarder une pauvre impératrice.


 Et que dire de l’autre idiot qui s’en est pris aux jeunes manifestants américains en tweetant qu’ils devraient être en classe au lieu de traîner dans les rues? Je pourrais le baffer. Mais c’est la colère de l’impuissance, celle qui nous prend quand la bêtise et la méchanceté semblent prendre le dessus sur la vie et l’amour.
La colère fait le jeu de l’ennemi, de celui qui se plaît à détruire. Il y a mieux à faire, comme le montrent le colonel Baltrame et la jeune Emma qui, avec ses amis, est en train de faire bouger l’Amérique. Ne jamais baisser les bras parce qu’il y a toujours une espérance.
Par un hasard de l’actualité, ce numéro de l’Echo s’intéresse à Marie-Madeleine, qui passe sur nos écrans. Elle aussi avait toutes les raisons de désespérer, mais elle a couru au tombeau. Elle n’a pas voulu s’en éloigner et elle a entendu cette voix qui l’appelait par son nom: «Marie!». Marielle Beltrame lui ressemble, elle qui dit dans La Vie: «C’est avec beaucoup d’espérance que j’attends de fêter la résurrection de Pâques avec lui, mon mari».
On pleure avec elle, mais on a confiance avec elle.

 

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