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top news photography Les portraits de Dame Helvetia

Homo Helveticus. L’homme helvétique. Un titre qui sonne comme le nom d’une espèce disparue au paléolithique. Ou qui évoque la quête d’un individu plus complexe qu’il n’y paraît derrière son air statufié. C’est cette piste qu’a suivie Didier Ruef sans trop savoir où elle le mènerait. Elle ressemble à un labyrinthe identitaire entre Alpes, Plateau et Jura, de Chiasso à Bâle en passant par Euseigne, Engelberg et l’inévitable prairie du Grütli. Un parcours de trente ans, de 1987 à 2017, pas si fléché que cela. Pour en savoir plus...
Articles 2013 - A la Deux
Jeudi, 27 Juin 2013 00:00
 

Bande dessinée

Murena, le péplum au sommet

Avec Les Epines, neuvième album de la série Murena, il est bon de faire le point sur cette saga historique qui met l’Alix de Jacques Martin au rayon des objets désuets.

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D’abord il y a Jean Dufaux, génial scénariste, et puis surtout Philippe Delaby, auteur d’un dessin réaliste frisant la photo. Ces deux-là sont appuyés par un troisième homme, Sébastien Gérard, dont les couleurs ne sont pas pour rien dans le succès de Murena. Tous deux passionnés d’Antiquité, Dufaux et Delaby ont lancé leur saga en 1997. Leur choix de narrer le règne de Néron n’est pas anodin, le rétablissement d’une certaine vérité sur cette période s’avérant, selon eux, nécessaire.

Au temps de Néron

Dire que l’empereur romain était un fou jouant de la lyre pendant que Rome s’enflamme est un peu réducteur. Le duo s’est plutôt attaché à cerner les subtilités de son caractère, ce qui le fait apparaître dans une normalité plus humaine. Même si pour cela Dufaux et Delaby ont puisé aussi bien dans leur imaginaire que dans l’histoire avec un grand H.
Au-delà des nombreux personnages qui peuplent cette saga historique, Rome en reste le personnage central, superbement restituée par un Delaby au meilleur de sa forme. Bien qu’en cendres au début de ce nouvel épisode, la Ville éternelle lui sert de somptueux décor, dans lequel évoluent des personnages de chair et de sang semblant sortir d’une réalité pas si lointaine. C’est tout le talent du duo belge dans cette libre réinterprétation d’une Rome antique où ne manquent ni la sueur des gladiateurs ni le parfum suave des belles courtisanes.
2013-26-29C2013-26-29DEntre un Néron qui doute et n’est pas encore le détraqué décrit dans les livres, un Lucius qui renaît à la vie par les lèvres expertes de la piquante Claudia et la cruauté dénuée de scrupules du pouvoir impérial vis-à-vis de la population hébraïque, Jean Dufaux nous offre là un récit complexe et lettré donnant toute sa noblesse à ce que l’on nomme le roman graphique.
Sans faux-fuyants, sans se contenter de reproduire les constructions habituelles de cet univers historique auquel bien des auteurs se sont essayés, le tandem a réussi la gageure de nous immerger dans un récit d’une grande force, faisant cohabiter avec une habileté diabolique personnages fictifs et réels. C’est l’une des clefs du succès de Murena, une autre étant son extraordinaire qualité graphique, d’une puissance évocatrice sans commune mesure avec ce que l’on a l’habitude de voir.
Evitant le piège d’un manichéisme béat, les auteurs ont fait de leurs personnages des êtres complexes, ni tout à fait bons ni tout à fait méchants, le bien et le mal se mêlant sans cesse au fil des albums. Cette façon d’appréhender les humains confère à cette série un pouvoir assez envoûtant, obligeant dès
les premières cases le lecteur à finir d’un trait l’intrigue commencée. Peu nombreux sont les auteurs à réussir cela.
Raison de plus pour se procurer d’urgence les neuf albums de Murena, devenue série culte de la BD historique

Simon Vermot

 

 

 

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