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Articles 2017 - A la Une
Mercredi, 30 Août 2017 00:00

 

Grand reportage

Marseille, quartier par quartier

 

Capitale européenne de la culture en 2013 et capitale européenne du sport cette année, la ville méditerranéenne la plus dynamique et cosmopolite de France nous permet de baigner quartier après quartier dans des atmosphères totalement différentes.

2017-35-20AMarseille a toujours été une métropole chaleureuse et dynamique à la créativité débordante caractérisée par son exubérance. La cité phocéenne porte bien sa réputation de ville tonitruante au caractère rebelle qui contraste avec celui de Paris. Au fil des siècles, Marseille, qui a hérité son nom Massilia du comptoir grec fondé en ce lieu en 600 avant Jésus-Christ, a été le théâtre de perpétuels conflits et un carrefour commercial incontournable. Aujourd’hui, la ville jouit d’une accessibilité idéale et d’un rayonnement culturel indéniable dans l’espace européen.

Le sport à l’honneur

Elue capitale européenne du sport 2017, Marseille porte haut les couleurs du sport. Au programme: tournois internationaux, événements organisés par les clubs sportifs, activités destinées au grand public comme le festival Zumba sur les plages du Prado, concours de pétanque à boules carrées et coupe du monde de football en patins. La Corrida du Vieux Port viendra clore l’année en beauté le 31 décembre dans une ambiance festive: cette course à pied comptera près de 5000 participants sur un parcours de six kilomètres au départ de l’Hôtel de Ville.
«Marseille est une ville sportive, la ville du sport pour tous: une terre de champions, d’exploits et de passion,» explique Jean-Claude Gaudin, maire de Marseille.
Le moment le plus marquant de cette année sportive fut sans conteste le contre-la-montre individuel du Tour de France au stade Vélodrome le 22 juillet dernier. Dans la ville où le foot est roi, le Vélodrome est devenu l’un des stades les plus imposants et les plus modernes de France depuis sa rénovation pour l’Euro 2016. Avec ses 67’000 places, qu’occupent immanquablement les supporters en bleu et blanc de l’Olympique de Marseille, il est le deuxième stade du pays en termes de capacité d’accueil après le Stade de France à Paris.
Marseille compte également plus d’un millier d’installations sportives. Vous pourrez faire du kitesurf et de la voile à la Pointe Rouge, du parapente aux Goudes et sur le Vieux Port. A bord d’un kayak, vous pourrez croiser la route des bateaux de pêche, des plaisanciers et des navettes pour les îles du Frioul.

La ville aux mille mâts

Le Vieux Port est l’endroit idéal pour prendre le pouls de la ville. En 1925, l’écrivain Joseph Roth déclarait que les bateaux étaient si proches des passerelles que l’on pouvait traverser le port sans mettre le pied dans l’eau. A ses yeux, Marseille était la «ville aux mille mâts»; c’est toujours vrai aujourd’hui, car le port et ses bateaux sont partie intégrante de la toile de fond de la ville. Vous pouvez passer la journée entière sur le port: une visite au marché aux poissons le matin sur les quais, un dîner de fruits de mer dans une ambiance animée et un spectacle au fameux Théâtre de la Criée le soir.
Face au théâtre se dresse l’Hôtel de Ville, un bâtiment à l’architecture solide et raffinée qui date du 17e siècle.

2017-35-23DLes mille visages de Marseille

Surplombant l’édifice, la basilique de Notre-Dame-de-la-Garde considérée, comme la gardienne des marins et des pêcheurs, d’où son surnom: la «Bonne Mère». Plus bas sur le quai se dresse l’Ombrière, conçue par l’architecte britannique Norman Foster qui a dessiné le Carré d’Art de Nîmes. Cette construction monumentale, constituée d’une toiture en inox poli, miroir réfléchissant de 46 x 22 mètres, abrite la partie sud du quai des Belges: un passage obligé pour les fans de selfies.
L’Ombrière a été réalisée dans le cadre des travaux de réaménagement des quais lorsque Marseille a été élue capitale européenne de la culture en 2013. Toutefois, c’est au nord du Vieux-Port que s’est opérée la modernisation la plus spectaculaire: les docks, délabrés, ont connu une transformation remarquable pour accueillir sur l’esplanade futuriste du J4 le Mucem, le musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée, premier musée national à ouvrir ses portes hors de Paris. Conçu par les architectes Rudy Ricciotti et Roland Carta, le Mucem est relié, à l’entrée du Vieux-Port, au Fort Saint-Jean, du 12e siècle, par une gigantesque passerelle aérienne, trait d’union entre le quartier contemporain et la ville ancienne riche d’histoire.
Le bâtiment du FRAC (Fonds régional d’art contemporain), conçu par l’architecte japonais Kengo Kuma, vient s’ajouter aux nombreux édifices à caractère culturel réalisés en 2013: ce centre d’art contemporain à la façade «pixélisée» en verre recyclé joue agréablement avec l’ombre et la lumière.
L’aménagement de l’esplanade du J4 allie les notions d’espace et de style contemporain avec pour résultat une plate-forme qui donne toute latitude pour contempler l’énormité du projet.
Marseille a toutefois un autre visage, incarné par le quartier de Noailles, qui s’étend au sud de la Canebière, artère principale de la ville. Appelé aussi quartier arabe, il est réputé pour le brouhaha de ses rues remplies de vendeurs ambulants, épiceries exotiques, boucheries halal, salons de thé, pâtisseries marocaines et boutiques de tailleurs africains. La présence d’environ 150’000 ressortissants marocains, algériens et tunisiens donne à la cité phocéenne une ambiance typiquement maghrébine grâce aux effluves de safran, de dattes, de menthe et de couscous émanant des restaurants; de la musique, raï et chaabi, fuse des cafés.
Au nord-ouest de Noailles se trouve Le Femina chez Kachetel, un restaurant familial dont la spécialité est le couscous, véritable institution marseillaise. Le gérant actuel, Mustapha Kachetel, quatrième génération de la lignée de restaurateurs, continue à importer son couscous aux reflets dorés d’Algérie. Lorsqu’il a pris la tête du restaurant en 1990, il a ajouté «Le Femina» à son nom en hommage aux femmes de sa famille: «J’ai huit sœurs, dont trois travaillent à mes côtés au restaurant», confie-t-il.

2017-35-23APlace aux jeunes

A quelques pâtés de maison se trouve le cours Julien, un quartier tendance auprès des jeunes où il y a profusion de fresques et de graffitis, des bars branchés et un esprit bobo contrastant avec l’ambiance chic et nautique du front de mer.
Au nord de la gare se trouve la Friche la Belle de Mai, ancienne manufacture de tabac qui abrite à présent un lieu culturel dédié aux concerts et soirées festives sur son toit-terrasse. Le quartier, autrefois l’un des plus malfamés de la ville, est devenu la plaque tournante des tendances contemporaines, un paradis urbain pour les graffeurs, les skateboarders et tous les amoureux de culture alternative.
Le Panier, le quartier le plus ancien de Marseille, offre encore une autre ambiance avec des cordes chargées de linge étendu entre les maisons au-dessus d’un dédale de ruelles et des escaliers raides surplombant des places au charme secret où il fait bon flâner. On y trouve de nombreux cafés à la mode, des boutiques, des ateliers et d’anciennes publicités murales pour le pastis.
Aujourd’hui, les quartiers de la ville se distinguent clairement par leur origine culturelle et ethnique, mais le melting-pot semble fonctionner, car les habitants se sentent marseillais avant tout. Les gens sont libres de faire ce qui leur plaît même si tout le monde y va de son commentaire, inévitablement!

Et autour?

Si le rythme effréné de la métropole s’avère quelque peu oppressant, une escapade aux calanques s’impose. L’exceptionnel massif dentelé s’étend sur 20 km de littoral de Marseille à Cassis avec des paysages idylliques et de petites criques aux eaux turquoise.
Une escale incontournable: l’archipel du Frioul, pour y admirer le château d’If, forteresse érigée au 16e siècle, qui a surtout servi de prison. Le roman d’Alexandre Dumas Le Comte de Monte-Cristo l’a rendu célèbre.
Enfin, le vallon des Auffes, un charmant petit port de pêche traversé par la corniche Kennedy, constitue l’escale parfaite pour admirer un coucher de soleil en dégustant une bouillabaisse. Cette soupe de poisson accompagnée de pain aillé et d’une tartine de rouille est le symbole de la cité phocéenne... avec le fameux savon.

Jon Bryant

Mise à jour le Mercredi, 30 Août 2017 12:08
 

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