Derrière la barquette Spécial

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  • «Comment pouvez-vous diffuser ces images? Des enfants pourraient les voir. Pourquoi montrez-vous cela?»: au début des années 2000, un reportage de Canal 9 surprit plusieurs spectateurs qui manifestèrent leur mécontentement. Qu’avaient donc pu filmer les journalistes de la chaîne locale valaisanne pour choquer ainsi? Un accident de la route?

    Non, il s’agissait du portrait d’un habitant de Saxon vers qui se tournaient encore quelques paysans désirant voir leurs bêtes mises à mort «à l’ancienne», c’est-à-dire sans être emmenées par camion avec des dizaines d’autres animaux vers un abattoir collectif. La caméra avait filmé le travail du vieil artisan: l’accueil du fermier livrant, presque la larme à l’œil, son cochon, puis l’abattage, la récolte du sang pour le boudin et la découpe de la carcasse. Certes un peu crues, ces images montraient «simplement» ce qui se cache derrière le morceau de viande acheté chez le boucher ou la barquette mise dans le Caddie en grande surface.

    La barquette sous cellophane, oui. La mort de l’animal, non.

    La société de consommation est passée maître dans l’art de dissimuler la facette la moins vendeuse du marché. La barquette sous cellophane, oui. La mort de l’animal, non. Le plaisir de faire cuire une tranche sur son gril, d’accord. Mais sans la vue du sang. Avec le risque que les nouvelles générations ne fassent bientôt plus le lien entre le steak et le bœuf. Au point d’ignorer que manger l’ensemble des morceaux tirés de la vache ou du cochon (foie, tripes, etc.) au lieu de se limiter aux plus nobles (filet, côtelettes) permettrait de limiter le gaspillage alimentaire. Et par conséquent le nombre de bêtes tuées.

    Alors que l’écologie et la sobriété énergétique sont devenues des préoccupations incontournables – ils étaient encore 2000 à manifester dimanche à Lausanne pour le climat –, les Suisses pourraient revenir, par souci de cohérence, à certaines bonnes habitudes d’antan. En demandant par exemple un pied de porc la prochaine fois qu’ils se rendront chez le boucher ou dans un restaurant proposant encore les bas morceaux de l’animal le plus consommé du pays. Qu’ils acceptent ou pas l’initiative «Non à l’élevage intensif» le 25 septembre prochain.

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